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Les
lettres foisonnantes d'entrelacs des manuscrits
irlandais, les majuscules décorées qui ornent les
pages des bibles médiévales et les somptueuses
lettrines de la Renaissance sont des lettres
enluminées - littéralement: mises en lumière - et
témoignent d'un art qui évoque à la fois le
calligraphe, le peintre et l'orfèvre.
À son plus haut point de raffinement, l'enluminure
devient scène de chasse ou de prière dans le creuset
d'une lettre, tableau édifiant remplissant la page
d'un bréviaire ou florilège héraldique ornant les
édits royaux.
À titre d'exemple, voici un document
protocolaire réalisé sur peau de vélin pour
souligner l'entente territoriale intervenue en 2000
entre la Nation huronne-wendat de Québec et le
Ministère des Affaires indiennes.
L'en-tête est enluminé de façon très simple:
des lettres rouges traversées par un fil d'or. Par contre, les
figures complexes que sont l'emblème
Huron-wendat et les armoiries
canadiennes ont nécessité toute une palette
d'outils et de matériaux (encre, feuille d'or, blanc
d'apprêt, gomme ammoniaque, or à la coquille, gouache,
détrempe à l'oeuf, pinceaux et brunissoirs)
utilisés selon des techniques précises. |